Véronique |
Après une nuit passée à comater dans le bus, j’arrive à Rainbow Beach, toujours accompagnée par mes Ecossais et mes Irlandais. Il pleut des cordes, on saisit donc le prétexte pour aller se coucher direct avant d’aller au briefing prévu avant notre départ pour un safari en 4x4 sur Fraser Island, la plus grande île de sable du monde et inscrite au patrimoine de l’humanité… D’ici quelques années, ça ne sera d’ailleurs sans doute plus possible d’aller jouer les Schumacher sur la plage donc j’ai essayé d’en profiter au maximum en m’asseyant sur ma bonne conscience écologique.
Le principe du safari : tu mets dix personnes qui ne se connaissent pas dans un 4x4, leur donnes une vague carte et des tentes et leur souhaites bonne chance… J’ai pas eu trop de bol sur ce plan là et ai tiré un groupe un peu relou, avec 4 Anglais et deux Allemands mous du genou. Heureusement, il y avait 2 Français rigolos comme tout, Aneva et Hadrien, ainsi que Tanja, une Allemande qui avait décidé de voir le bon côté des choses. Les emmerdes ont commencé rapidement, quand nous nous sommes tous retrouvés à devoir aller faire les courses en commun pour 3 jours… A la base, j’avais décidé de fermer ma grande bouche, mais j’ai assez rapidement craqué quand une nénette a commencé à nous faire une liste de ce qu’elle ne pouvait pas manger. Moi je dis, quand on a une allergie au gluten (donc ni pain ni pâtes), au poisson et qu’on est également végétarien, on reste dans son pays. Bref, on a fini par se mettre d’accord dans une ambiance un peu tendue… Le lendemain matin, nouveau topo : on conduit surtout sur la plage donc ça va pas être de la tarte, entre la marée qui monte, la nuit qui tombe, les rochers qu’on voit trop tard et le sable qui n’a qu’une vocation, nous engloutir à jamais. Trois mecs du groupe sont volontaires pour conduire, mais tout le monde a son mot à dire car nous avons tous laissé une caution que nous espérons bien garder… Sachez qu’il est IMPOSSIBLE de dire diplomatiquement à quelqu’un qu’il conduit comme un pied. Maintenant, je saurai. Mais le fossé entre la grande Nation et la perfide Albion s’est creusé un peu plus à cause de moi.
Finalement, c’est assez rigolo, on s’ensable au moment de monter sur le ferry, ce qui nous fait d’emblée passer pour de gros losers… Suivent 20 kilomètres de piste qui nous font découvrir d’un peu plus près le plafond de la voiture. Premier arrêt au superbe lac Mc Kenzie, où tout le monde va se baigner. En en profitant bien car c’est la dernière fois que nous aurons de l’eau douce avant 3 jours… On joue à s’éclabousser, ça dégénère bien sûr en bataille de sable donc j’abandonne rapidement l’idée d’avoir une coiffure digne de ce nom pour le reste du trip.
Le soir, on monte notre tente près de l’épave d’un bateau et nous retrouvons avec deux autres groupes super sympa, dont mes copains des Whitsundays. La nuit tombe à 5h30, c’est donc l’heure d’ouvrir les glacières et de commencer à s’amuser autour d’un barbecue (aparté : mon correcteur orthographique m’indique que ce mot est un anglicisme et me suggère de le remplacer par grilauvent, on aura décidemment tout entendu). La soirée est assez rigolote, nous nous retrouvons régulièrement à dix nénettes dans les dunes pour aller faire pipi, car il n’est pas conseillé de se balader seul dans la nature à cause des dingos. De toute façon, je pense que le spectacle de dix paires de fesses sablonneuses aura suffi à effrayer tout animal sauvage sain d’esprit. En tout cas, ça a marché avec les mecs. Vers minuit, chacun s’efforce de retrouver sa tente dans le noir, et j’ai le plaisir de découvrir que celle que je partage avec Tanja, une Allemande rigolote, a visiblement servi de but pendant la finale Ecosse-Angleterre de foot… Et abrite conséquemment une mini dune… Trop fatiguées pour remédier au problème, nous y passons une nuit assez frisquette…
Le lendemain matin, je suis réveillée par un dingo qui cherche à manger et décide de saisir l’occasion pour aller admirer le lever du soleil sur l’épave du Maheno. Oui, vous avez bien lu, je me suis levée de ma propre initiative à 5h30. J’ai pris plein de photos, comptant bien les revendre ensuite à prix d’or à mes amis trop feignants pour me suivre. A 7h, tout le monde commence à émerger et nous partons après avoir dégusté quelques œufs brouillés sur du pain de mie humide. Heureusement qu’il y avait du Ketchup pour relever le niveau. Ouais, je sais, il y a encore des efforts à faire au niveau culinaire…
Cap sur la champagne pool, un bassin naturel entouré de rochers et où les embruns créent des bubulles dans l’eau, d’où le surnom de l’endroit. Ensuite, nous escaladons Indian Heads, un gros rocher du haut duquel nous pouvons observer des dauphins et quelques requins dans la mer. Au retour, nous voyons de très près quelques dingos sur la plage, entre deux poussages de voiture ensablée... Le soir, re-camping sauvage avec d’autres groupes et soirée calme à chanter autour d’une guitare, ambiance kumbaya, kumbaya pour changer ! Bonne nuit pour tout le monde car la température est un peu remontée. Enfin, pour tout le monde sauf pour Anne qui s’est faite piquée par des bed bugs, des petits insectes vicieux qui vivent dans les matelas des backpackers et qui est donc couverte de boutons dégueulasses et très irritants.
Le dernier jour, nous partons à l’escalade d’une énorme dune avant d’aller faire trempette dans un petit lac coincé entre le sable et la forêt. Nous partons reprendre le ferry, le temps de se faire une dernière virée le long de la plage et de rester coincé dans le sable, juste pour le fun. Arrivés à Rainbow Beach et super motivés, quelques-uns d’entre nous trouvent encore le courage d’aller escalader la grande dune pour admirer le coucher de soleil sur les falaises multicolores qui donnent leur nom au bled. J’avoue que le fait que notre guide était le beau Brad, grand Australien au corps musclé par le surf et brûlé par le soleil impitoyable n’était pas pour rien dans ce regain de motivation parmi les nénettes du groupe. A suivi le meilleur moment de la journée : la douche chaude (après 3 jours sans brossage de dents ni eau courante…) qui te permet d’enlever la crasse qui recouvre tes pieds ainsi que les trois kilos de sable coincés dans différents endroits de ton anatomie que tu as récoltés en marchant et en dormant sur la plage. Soirée calme à l’auberge, tout le monde est crevé et nous prenons un bus tôt pour Noosa, la prochaine étape de mon voyage.
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