Véronique |
Quelques jours à Cairns marquent la fin de notre voyage d’un mois : pour une fois, je suis en terre connue et peux donc refaire avec les parents l’itinéraire déjà parcouru il y a maintenant presque trois mois : Cape Tribulation et ses casoars toujours invisibles, Port Douglas et ses palmiers et la barrière de corail avec ses poissons multicolores.
David revient de Green Island avec sans conteste le coup de soleil le plus ridicule de la semaine : on voit encore les traces de doigts de Maman sur son dos et même si le cramoisi a laissé place à un beau bronzage, je pense que je vais pouvoir me gausser de lui pendant encore quelques semaines.
Les parents reprennent l’avion sous le soleil, Maman pour Paris et Papa pour Kaboul. Pour rassurer Maman qui pensait que nous fêterions leur départ par une grosse chouille : eh bien non, nous sommes allés faire ce dont nous avons été privés, malheureux que nous sommes, pendant un mois : une grosse sieste. Et avons de même coup retrouvé les joies du backpack et de ses dortoirs animés !
Il reste un peu plus de trois semaines à David en Australie : le programme exact n’a pas encore été établi car David attend des réponses pour aller bosser dans une ferme pendant une semaine en wwoofing. En gros, c’est du travail bénévole en échange du gîte et du couvert dans des exploitations plus ou moins agricoles et souvent très alternatives… Nous espérons pouvoir conjuguer ça à une descente de la côte Est !
Notez que j’ai bien failli ne pas être là pour vous raconter le Kakadu : je suis passée à 2 doigts d’une mort atroce et passablement ridicule, ce qui me vaut toujours les lazzis et les quolibets de David. Imaginez-vous que ma jupe a failli prendre feu un soir grâce à un imbécile heureux qui avait eu la bonne idée de placer une bougie sous ma table pour créer une ambiance romantique au resto…
(*Pour les ignares, se reporter au sketch « les envahisseurs » des Inconnus)
L’un des stops les plus mémorables de ce road-trip sera sans discussion Wycliffe Well. WW doit compter dans les 3 habitants permanents qui, s’emmerdant un peu dans leur trou, ont eu l’idée du siècle : déclarer que cette station-service était un lieu privilégié par les extraterrestres pour enlever les terriens. Et accessoirement, la décorer avec un raffinement qui ferait rougir cette chère Nadine de R. Résultat : on ne sait plus où poser ses grands yeux ébahis : sur un Elvis en carton-pâte, un cochon géant, l’incroyable Hulk qui garde les chiottes, la pancarte d’accueil ? D’où un ceratin nombre de photos à la con que vous aurez le plaisir d’admirer ci-dessous…
Nous passons admirer les gros rochers ronds de Devil’s Marbles avant de continuer notre route vers Katherine. Pas de bol : Katherine est d’habitude une paisible petite bourgade. Une semaine par an, sa population triple au moment du Katherine Show. Et, pim pam poum, devinez qui a atterri là à 20h sans avoir réservé de chambre ? On a tout d’abord pensé dormir dans la voiture, mais la vue des flics venus disperser les aborigènes alcoolisés nous a un peu passé l’envie. Nous nous voyons donc forcés de rebrousser chemin vers Mataranka dont nous profiterons des sources d’eau chaude au petit matin.
Ce sera notre premier parc national et nous en gardons tous un très bon souvenir malgré les températures un peu hard : dur d’imaginer qu’il faille gratter la glace du pare-brise au mois de juillet en Australie et pourtant… Les ballades que nous faisons sont pour le moins sportives mais valent le déplacement et nous permettent d’apercevoir d’innombrables kangourous et autres émeus… Papa développe à ce propos une technique inspirée par ses racines de trappeur canadien et parvient à approcher les piafs en se déguisant lui-même en émeu grâce à une veste habilement posée sur son gros sac à dos et lui permettant d’évoluer incognito au milieu du troupeau. Voir la photo plus bas…
On se moque, on se moque, mais c’est tout de même lui qui fera les plus belles photos !
Histoire de nous rapprocher au maximum du Bruce moyen, nous décidons de rallier Darwin, dans le nord du pays, par voiture… Près de 1700 km à travers le bush, ses kangourous suicidaires, ses stations-service à la Bagdad Café, ses aborigènes dont les difficultés d’insertion sont malheureusement flagrantes et ses centaines de canettes de bière lancées par la fenêtre du pick-up du fermier local.
Nous partons pour Alice Springs (en plein milieu du pays, vous pouvez pas vous tromper) en passant par Kings Canyon où nous faisons une superbe rando. Le soir, fête du slip au programme : nous mangeons dans une espèce de grange avec barbecue et animation chanson sur un podium en caisses de bière. Maman descend verre du vin sur verre de vin en attendant son steak qui finira par arriver avec 45 minutes de retard pendant que Daviette est mort de trouille à l’idée de devoir chanter du Abba devant tout le monde et que je me fais draguer par le barman un peu déprimé.
Dans le coin d’Alice Springs, les 3 plus actifs d’entre nous (ah ah ah, devinez qui s’est débiné…) partent faire 40 kilomètres à vélo en direction de Simpson’s gap où nous retournons ensemble le lendemain à pied voir les pas trop farouches black-footed wallabies.
La journée aurait pu très mal commencer : après une très courte nuit de sommeil, Papa jette par erreur la clé de la voiture dans la boîte aux lettres destinée aux clients quittant l’hôtel en dehors des heures d’ouverture de la réception… Un peu balot, on sait. Je tente de faire mon Mac Gyver avec une épingle à cheveux, mais bon, sans aimant, c’est un peu mort. Heureusement, nous finissons par réveiller un gentil employé et partons finalement dans la joie et la bonne humeur prendre nos deux avions. Un vendredi 13. Aie aie aie, sans être superstitieuse, j’étais un brin nerveuse. Et j’ai eu raison puisque j’ai été choisie de manière aléatoire pour subir un examen censé détecter des traces d’explosifs sur mes affaires et ma petite personne.
Bref, tout finit par s’arranger et nous atterrissons sans encombre à Uluru, après avoir pris force photos du mauvais rocher depuis l’avion… Ca va, on ne peut pas tout savoir du premier coup non plus. Le temps est superbe et la lumière magnifique, mettant en valeur le bleu du soleil et le rouge du désert. Nous sommes en revanche toujours en anorak, car le vent est redoutable. Nous nous offrons un magnifique coucher de soleil sur Uluru et je le dis pour tous les relous qui avaient tenté de me décourager : non, Uluru n’est pas qu’un gros rocher au milieu du sable… On a beau voir vu des centaines de photos, l’effet est toujours impressionnant quand on l’approche et le rocher offre de multiples facettes qui valent le déplacement.
Pas de grimpette pourtant : le rocher est sacré pour la tribu aborigène des Anangu, qui demande donc aux visiteurs de respecter le lieu et de toute façon, le sommet est fermé ce jour-là en raison des vents violents qui balaient la cime. Et j’ai la flemme, bref, plein de bonnes raisons pour rester en bas.
Le lendemain matin, nous arrivons un peu à la bourre pour le lever du soleil (normal, je n’allais tout de même pas assister à ce moment historique les cheveux non lavés et non maquillée). Après un très beau spectacle sur fond de tartines de Nutino, nous faisons le tour d’Uluru (10 km) puis mettons le cap sur les Olgas et la Malpa Gorge, où nous abattrons tout de même une autre bonne dizaine de kilomètres...
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