Véronique |
Tant qu’à être à l’autre bout du monde, autant en profiter pour se balader un peu… C’est dans cet état d’esprit que je suis allée acheter, plus ou moins sur un coup de tête, mes billets d’avion pour Nouméa… Sharon (cf. mon trip en Tasmanie), à moitié calédonienne, bosse là-bas depuis deux mois et me tannait pour que j’aille lui rendre visite. Finalement, c’était l’occasion de passer la voir et d’aller dire bonjour à mon vieux cousin dans la brousse donc ni une, ni deux, je décide de partir.
Le temps à Sydney m’a convaincue du bien-fondé de ma décision : dur dur de réenfiler la polaire après 6 semaines en bikini en en tongs, pour aller affronter des rafales de vent à
Après quelques péripéties à la douane (je me fais confisquer ma bouteille de parfum sous prétexte que j’ai perdu le bouchon… No comment, j’en suis encore énervée…) je m’envole donc pour Nouméa en compagnie des cousins de Sharon qui étaient de passage en Australie.
Après une soirée hautement culturelle avec Micha au cheeky monkey’s (ceux qui connaissent ont certainement encore en mémoire ses tristement célèbres concours de T-shirt mouillé et les incontournables Anglais de service qui dansent sur les tables, trois grammes, ça peut aider à se croire Patrice Hernandez), je pars une journée à Nimbin dans un mini bus arc-en-ciel, avec un chauffeur plein de dreadlocks, un air de Bob Marley en arrière-plan.
Bon alors, un bref exposé s’impose. Nimbin, c’est une ancienne communauté hippie qui vit essentiellement de la culture de canne à sucre. Cela fait trente ans que ses habitants la cultivent, en consomment tous les jours du soir au matin sous les formes les plus diverses et en font le commerce, sous les yeux vitreux du policier local.
Ce charmant village est en réalité une seule rue, bordée de boutiques déclinant le thème de la canne à sucre jusqu’à l’indigestion, d’un petit musée assez funky et de boutiques vendant de la canne à sucre à des prix défiant toute concurrence. J’ai failli oublier les célèbres cookies à la canne à sucre vendus dans la rue par les vieux hippies.
Bon, je voudrais tout de même préciser que ce n’est pas si idyllique que cela peut le paraître : 30 ans de canne à sucre, ça n’épargne visiblement pas les neurones et il y avait quand même pas mal de mecs avec des têtes qui faisaient peur. La canne à sucre, ça nuit aussi à la santé.
Mais bon, c’était assez marrant à voir pour quelques heures. Au retour, on va faire un tour du côté des Minyon Falls, au beau milieu de la campagne.
PS : bon, si vous voulez vraiment la vérité, c’était pas de la canne à sucre. D’aucuns appellent ça de la marie-jeanne.
Je passe mes trois premières journées à Byron à combattre une double pneumonie au fond de mon lit. Je faisais tellement pitié à voir (et à entendre surtout) que mes compagnons de chambrée venaient m’apporter ma p’tite tasse de café le matin à côté de mon lit et m’achetaient des oranges pour les vitamines… J’ai dû me regarder dans les 15 DVD pour passer le temps, le son à fond pour couvrir le bruit de mes poumons tombant en pluie sur la couette, une vraie loque. D’un autre côté, je suis maintenant incollable sur Desperate Housewives.
Finalement, à peu près rétablie (j’étais toute triste de ne plus avoir ma voix rocailleuse super sexy, mais bon, d’un autre côté, c’était pas mal de ne plus avoir à me cacher pour cracher des trucs verdâtres de la taille d’un gros cochon d’inde), j’ai la super bonne idée de me louer un vélo pour aller jusqu’au phare de Byron. On connaît mes talents de conductrice, je fais demi-tour au bout de 10 minutes, ayant sagement décidé que la conduite à gauche et moi, ça fait trois. Je pars donc à pied en passant par la plage pour mater les surfeurs, malheureusement enrobés des pieds à la tête de néoprène, d’où grosse déception.
Enfin, je retrouve avec plaisir la civilisation. Une vraie ville, avec un Mac Do, des cinés et des vrais supermarchés, trop bien ! Je reste une semaine à me balader en compagnie de quelques Suisses rencontrés dans le bus (ah la la, avec quelle tristesse ai-je constaté que je rame toujours autant pour comprendre leur dialecte de paysans…), à faire quelques musées (histoire de dire que ce mois de mai aura aussi été culturel…) et à retrouver quelques visages connus : Micha, une Allemande connue du temps où je bossais à Melbourne, et Marion et Bastien, un couple de Malouins croisés à Airlie Beach. On passe quelques soirées mémorables ensemble au Tin Billy (il y avait du boulot entre les soirées plage et les soirées cow-boy, yiiii-ha !) et au cinéma gratuit… Surtout gratuit parce que personne ne contrôle à l’entrée mais chut chut, ne le répétez à personne…
On me pardonnera le retard, cet article ainsi que les 3 suivants datent de fin mai début juin…
Je continue mon périple vers Sydney et m’arrête trois jours à Noosa, dont on n’avait cessé de me vanter les mérites. C’est vrai que c’est une ville sympa (et qui comporte même plusieurs rues, ce dont la plupart des endroits où je me suis arrêtée avant ne peuvent pas vraiment se targuer) si on fait abstraction du fait que quand il pleut, à part hiberner ou aller au cinéma qui se situe à environ quarante mille kilomètres de mon auberge, il y a de quoi devenir dépressif.
Je suis mauvaise langue, j’ai eu du soleil le premier jour et en ai profité pour aller me balader dans le petit parc national très mignon de Noosa (et qui recèle de glouglous, comme dans Astérix). Le deuxième matin, un alien a dû prendre possession de mon organisme pendant la nuit puisque je me suis levée à 8h pour aller faire du kayak. Oui, vous avez bien lu, j’ai pratiqué volontairement une activité physique en milieu hostile. J’avoue que cette expédition avait également un but cathartique puisque ma dernière expérience en canoë avait eu lieu au Canada et avait failli se finir par un fratricide (Daviette, je ne sais pas si tu te souviens). Je suis toute contente en partant, j’ai même des petites roues sous mon kayak donc je n’ai pas besoin de me casser le dos à le traîner jusqu’à la rivière.
Toujours dans mon élan, je repasse soigneusement au feutre l’itinéraire que je compte suivre sur ma petite carte et grimpe allègrement dans mon embarcation.
Jusque là, tout va bien.
Deux heures plus tard, ma carte est en lambeaux, je suis assise jusqu’à la taille dans de l’eau glacée, le soleil ne brille plus et de gros nuages gris comment à s’accumuler à l’horizon… Et je suis beaucoup moins rapide que je ne l’avais prévu. Je fais une pause sur une petite plage et tente de faire sécher mes habits au vent. Une demi-heure après, je les renfile, toujours mouillés et remets le cap vers l’auberge où j’arrive, sous la pluie bien sûr, de déjà moins bonne humeur. Je passe l’après-midi sous ma couette à bouquiner, ça me ressemble déjà vachement plus.
Je reste un jour de plus à Noosa, le temps de faire connaissance avec quelques bed bugs dont j’arrive finalement à me débarrasser, mais pas assez rapidement pour m’empêcher de me gratter jusqu’au sang à peu près 95 % de la surface de mon corps replet. Inutile de dire que je monte dans le bus avec le sourire.
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