Véronique |
Je rappelle que
l’Australie est un pays du tiers-monde en ce qui concerne la disponibilité et
les capacités de son réseau Internet. Là, j’ai de la chance, j’ai enfin pu
rajouter plein de photos… Et ca va continuer comme ca... Enjoyez le diaporama et notez bien que j ai mis une video ! On n'arrete pas la technologie ma bonne dame. On peut meme m'y voir, je suis la bombe qui descend l'escalier vers le spa en maillot de bain blanc.
PS : j’en profite pour dire à l’admirateur secret qui met des 5/5 aux photos de moi qu’il peut m’envoyer son CV par email, accompagné d’une lettre de motivation et d’une photo en pied. Sauf si, comme je le suspecte,
a) il fait partie de ma famille ou
b) j’ai déjà passé un accord avec lui pour qu’on se marie si je ne trouve pas mieux d’ici mes 30 ans (3 personnes concernées, on n’est jamais trop prudent, hi hi hi…).
Quand tu dors en backpack’ (comme disent les Français dans la vibe d’ici), tu rencontres des gens tout le temps. Et au bout d’un moment, c’est marrant, tu remarques que tu peux les classifier assez rapidement. Les portraits suivants ne sont pas exhaustifs, bien entendu, mais je suis sûre que vous, petits amis voyageurs, saurez en reconnaître certains, toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existé n’étant pas du tout, mais alors pas du tout fortuite…
Sven le joyeux Suédois
À première vue, Sven est un mec en or : il sourit toujours, est plutôt beau mec et est très social. Sauf que Sven est beaucoup trop joyeux, et ce, à toute heure de la journée et de la nuit. Sven, c’est le mec qui te réveille pour se présenter quand il arrive dans ta chambre. Il peut être intéressant de préciser que Sven prend toujours des bus chelou qui arrivent à 3 heures du mat. Le lendemain matin, il saute du lit à 7h30, naturellement de bonne humeur, et dès qu’il voit que tu as le malheur d’entrouvrir une paupière, vient s’excuser de t’avoir réveillé un peu plus tôt. Ensuite, et surtout si tu as la gueule de bois, il sifflote très fort tout en déballant ses affaires pendant une heure. Avant de te demander ton morceau préféré pour te le jouer sur sa guitare (je resitue l’action : toi, tu es toujours en train d’essayer de te rendormir dans ton lit).
Quand il part prendre son bus qui n’existe que pour lui (un peu comme Harry Potter) et qui part toujours en pleine nuit, Sven te réveille pour te dire qu’il t‘apprécie vraiment, te demande de lui écrire ton adresse mail et t’invite chez lui pour les vacances parce que, malgré tout, c’est un mec sympa.
Le mec bourré
Le mec bourré présente de nombreuses variations, mais on peut noter quelques constantes : il vient du Royaume-Uni, te parle tous les soirs en rentrant du pub irlandais et ne se souvient jamais de ton prénom le lendemain, fait tomber toutes ses affaires (et les tiennes en passant) en essayant de rentrer discrètement dans la chambre, ronfle comme une marmotte et quand il se réveille (tout habillé et avec une haleine de chacal mort), stresse tout le monde parce qu’il a perdu son portefeuille / ipod / portable la veille. Mais il a aussi des bons côtés. Par exemple, il connaît toutes les adresses pas chères de la ville pour picoler : les 2-for-1, les happy hours, les promos sur le goon au bottle shop de la gare, bref, c’est le roi des bons plans. Il partage également volontiers sa bouffe avec toi (quand il se fait des pâtes à trois heures du mat) et te fournira la preuve que tu fais partie de son petit cercle d’amis en t’offrant un coup. Voire deux. Voire quarante-sept.
Le mec cool / La fille sympa
Le mec cool t’aide à porter ton sac dans les escaliers, te laisse le lit du bas et sait où on peut acheter les meilleurs kebabs de la ville à deux heures du mat. La fille sympa te prête des denrées rares en backpack, comme des pinces à linges, des cotons-tiges ou du sel et te refile des adresses pour trouver du boulot. Ils ne râlent jamais quand tu rentres tard en faisant du bruit, te prêtent leurs DVD, sont toujours motivés pour sortir et rigolent à toutes tes blagues nulles. Tu rencontres invariablement le mec cool / la fille sympa peu de temps avant son départ. Ça pourrait même être l’homme ou la femme de ta vie sauf que toi tu vas à Perth et elle/lui à Cairns. Généralement, tu lui promets de lui écrire et tu ne le fais pas. Parce que tu as déjà rencontré le prochain mec cool / fille sympa… Oui, le backpacker est volage.
Le relou
Souvent français, il a une spécialité : il peut te tenir la jambe pendant des heures. Sa vie n’a pas de sens s’il ne peut pas la raconter aux autres, qu’ils le veuillent ou non. Il saoule la pauvre nénette de l’accueil pendant la journée, te guette au tournant le soir et adore te faire la conversation quand tu sors de la douche et essaies de retenir tant bien que mal ta serviette de toilette qui glisse dangereusement sans faire tomber ton shampoing et ton gel douche. Il adore les potins et essaie souvent de te soutirer des informations juteuses. Le relou a toujours raison, ce qui mène souvent a des conflits. Parce que, que ça soit clair pour tout le monde, c’est moi qui ai toujours raison ici.
L'OVNI
Il vient d’un pays qu’on a généralement du mal à placer sur la carte (le Trukistan ou la République libre de Boldavie) et a un signe particulier du style : il voyage sans bagages, a une cicatrice qui lui traverse le visage, des cheveux qui lui arrivent au nombril (comme sa barbe d’ailleurs) ou tout le corps tatoué, ne parle aucune langue ou toutes, joue un instrument de musique inconnu ou encore mange des plats exotiques du genre pain aux raisins-salami-nutella ou pâtes au thon et à la banane. Le mec bizarre se révèle souvent sympa, quand tu ne lui parle pas politique (« ma famille a été exécutée sous mes yeux par les communistes quand j’avais 7 ans »), animaux (« petit, mes parents m’ont fait manger mon chat parce que j’avais tapé ma soeur ») ou philosophie (il arrive facilement à te convaincre que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue).
L’homme / la femme-orchestre
C’est une vraie pub pour les boules Quiès. Elle rentre à des heures impossibles et a du mal à rentrer dans son lit qui est au-dessus du tien et grince terriblement. Son portable sonne invariablement au moment où tu t’endors, elle y répond en criant bien fort pour être sûre que tout le dortoir soit au courant des moindres détails de sa vie. Ses affaires tombent régulièrement pendant la nuit et te réveillent en éclatant par terre, elle se sèche les cheveux à trois centimètres de ta tête le matin et fait toujours son sac en emballant soigneusement chaque paire de chaussettes dans des sacs plastiques qui fait crrr crrr. Elle a un rire insupportable et, bien entendu, rit souvent. Si t’as un peu de chance, elle te ramène un mec pour la nuit. Et là tu morfles.
Le mec à poil
Dans tout backpack qui se respecte, il y en a toujours un qui finit à poil. C’est celui qui a perdu un pari lors d’un circle of death et qui a des amis un peu salauds, celui qui a oublié qu’à 10 dans un dortoir, il vaut mieux mettre un pyjama ou encore celui qui fait tomber sa serviette dans le couloir en sortant de la douche (espèce la plus répandue). Généralement, ce genre d’histoire fait vite le tour du backpack et l faite mec à poil donc involontairement beaucoup rire tout le monde.
Bon, là où il faut faire gaffe, c’est que ça peut vite être toi, le mec à poil…
Le groupe
Alors là, c’est tout ou rien. Deux possibilités : soit le groupe est composé de sombres connards alcooliques et bruyants qui se croient chez eux (alors que tu ne fais que les tolérer dans ta chambre, tu étais là avant eux, mince alors) et là, tu les détestes de toute la force de ton petit corps replet, soit il compte des gens cools, alcooliques et bruyants mais comme toi aussi, tu as envie de faire la fête à ce moment-là, ça ne te dérange pas. Si tu as vraiment de la chance, tu formes toi-même ton propre groupe, auquel cas tu appartiens naturellement à la première catégorie pour tout individu qui ne te connaît pas.
PS : ce billet n’est ni dédicacé au mec qui puait des pieds et ronflait et qui m’a suivie pendant une semaine dans le Queensland, ni à la fille qui m’a piquée mon shampoing triple effet volume-couleur-hydratation à 20 dollars la bouteille ainsi que ma culotte préférée n°2 à Airlie Beach. Qu’ils brûlent en enfer, les vils pourceaux.
Après une nuit passée à comater dans le bus, j’arrive à Rainbow Beach, toujours accompagnée par mes Ecossais et mes Irlandais. Il pleut des cordes, on saisit donc le prétexte pour aller se coucher direct avant d’aller au briefing prévu avant notre départ pour un safari en 4x4 sur Fraser Island, la plus grande île de sable du monde et inscrite au patrimoine de l’humanité… D’ici quelques années, ça ne sera d’ailleurs sans doute plus possible d’aller jouer les Schumacher sur la plage donc j’ai essayé d’en profiter au maximum en m’asseyant sur ma bonne conscience écologique.
Le principe du safari : tu mets dix personnes qui ne se connaissent pas dans un 4x4, leur donnes une vague carte et des tentes et leur souhaites bonne chance… J’ai pas eu trop de bol sur ce plan là et ai tiré un groupe un peu relou, avec 4 Anglais et deux Allemands mous du genou. Heureusement, il y avait 2 Français rigolos comme tout, Aneva et Hadrien, ainsi que Tanja, une Allemande qui avait décidé de voir le bon côté des choses. Les emmerdes ont commencé rapidement, quand nous nous sommes tous retrouvés à devoir aller faire les courses en commun pour 3 jours… A la base, j’avais décidé de fermer ma grande bouche, mais j’ai assez rapidement craqué quand une nénette a commencé à nous faire une liste de ce qu’elle ne pouvait pas manger. Moi je dis, quand on a une allergie au gluten (donc ni pain ni pâtes), au poisson et qu’on est également végétarien, on reste dans son pays. Bref, on a fini par se mettre d’accord dans une ambiance un peu tendue… Le lendemain matin, nouveau topo : on conduit surtout sur la plage donc ça va pas être de la tarte, entre la marée qui monte, la nuit qui tombe, les rochers qu’on voit trop tard et le sable qui n’a qu’une vocation, nous engloutir à jamais. Trois mecs du groupe sont volontaires pour conduire, mais tout le monde a son mot à dire car nous avons tous laissé une caution que nous espérons bien garder… Sachez qu’il est IMPOSSIBLE de dire diplomatiquement à quelqu’un qu’il conduit comme un pied. Maintenant, je saurai. Mais le fossé entre la grande Nation et la perfide Albion s’est creusé un peu plus à cause de moi.
Finalement, c’est assez rigolo, on s’ensable au moment de monter sur le ferry, ce qui nous fait d’emblée passer pour de gros losers… Suivent 20 kilomètres de piste qui nous font découvrir d’un peu plus près le plafond de la voiture. Premier arrêt au superbe lac Mc Kenzie, où tout le monde va se baigner. En en profitant bien car c’est la dernière fois que nous aurons de l’eau douce avant 3 jours… On joue à s’éclabousser, ça dégénère bien sûr en bataille de sable donc j’abandonne rapidement l’idée d’avoir une coiffure digne de ce nom pour le reste du trip.
Le soir, on monte notre tente près de l’épave d’un bateau et nous retrouvons avec deux autres groupes super sympa, dont mes copains des Whitsundays. La nuit tombe à 5h30, c’est donc l’heure d’ouvrir les glacières et de commencer à s’amuser autour d’un barbecue (aparté : mon correcteur orthographique m’indique que ce mot est un anglicisme et me suggère de le remplacer par grilauvent, on aura décidemment tout entendu). La soirée est assez rigolote, nous nous retrouvons régulièrement à dix nénettes dans les dunes pour aller faire pipi, car il n’est pas conseillé de se balader seul dans la nature à cause des dingos. De toute façon, je pense que le spectacle de dix paires de fesses sablonneuses aura suffi à effrayer tout animal sauvage sain d’esprit. En tout cas, ça a marché avec les mecs. Vers minuit, chacun s’efforce de retrouver sa tente dans le noir, et j’ai le plaisir de découvrir que celle que je partage avec Tanja, une Allemande rigolote, a visiblement servi de but pendant la finale Ecosse-Angleterre de foot… Et abrite conséquemment une mini dune… Trop fatiguées pour remédier au problème, nous y passons une nuit assez frisquette…
Le lendemain matin, je suis réveillée par un dingo qui cherche à manger et décide de saisir l’occasion pour aller admirer le lever du soleil sur l’épave du Maheno. Oui, vous avez bien lu, je me suis levée de ma propre initiative à 5h30. J’ai pris plein de photos, comptant bien les revendre ensuite à prix d’or à mes amis trop feignants pour me suivre. A 7h, tout le monde commence à émerger et nous partons après avoir dégusté quelques œufs brouillés sur du pain de mie humide. Heureusement qu’il y avait du Ketchup pour relever le niveau. Ouais, je sais, il y a encore des efforts à faire au niveau culinaire…
Cap sur la champagne pool, un bassin naturel entouré de rochers et où les embruns créent des bubulles dans l’eau, d’où le surnom de l’endroit. Ensuite, nous escaladons Indian Heads, un gros rocher du haut duquel nous pouvons observer des dauphins et quelques requins dans la mer. Au retour, nous voyons de très près quelques dingos sur la plage, entre deux poussages de voiture ensablée... Le soir, re-camping sauvage avec d’autres groupes et soirée calme à chanter autour d’une guitare, ambiance kumbaya, kumbaya pour changer ! Bonne nuit pour tout le monde car la température est un peu remontée. Enfin, pour tout le monde sauf pour Anne qui s’est faite piquée par des bed bugs, des petits insectes vicieux qui vivent dans les matelas des backpackers et qui est donc couverte de boutons dégueulasses et très irritants.
Le dernier jour, nous partons à l’escalade d’une énorme dune avant d’aller faire trempette dans un petit lac coincé entre le sable et la forêt. Nous partons reprendre le ferry, le temps de se faire une dernière virée le long de la plage et de rester coincé dans le sable, juste pour le fun. Arrivés à Rainbow Beach et super motivés, quelques-uns d’entre nous trouvent encore le courage d’aller escalader la grande dune pour admirer le coucher de soleil sur les falaises multicolores qui donnent leur nom au bled. J’avoue que le fait que notre guide était le beau Brad, grand Australien au corps musclé par le surf et brûlé par le soleil impitoyable n’était pas pour rien dans ce regain de motivation parmi les nénettes du groupe. A suivi le meilleur moment de la journée : la douche chaude (après 3 jours sans brossage de dents ni eau courante…) qui te permet d’enlever la crasse qui recouvre tes pieds ainsi que les trois kilos de sable coincés dans différents endroits de ton anatomie que tu as récoltés en marchant et en dormant sur la plage. Soirée calme à l’auberge, tout le monde est crevé et nous prenons un bus tôt pour Noosa, la prochaine étape de mon voyage.
Au début, c’est tout mignon, tout gros, tout rose avec des joues de hamster, ça sourit et ça reste sagement dans son siège à attendre la becquée.
Et puis ça grandit, ça a des poils qui poussent un peu partout, ça passe son bac, son permis de conduire (plusieurs fois même, hi hi hi), ça part de la maison et ça commence à voler de ses propres ailes, comme on dit. C’est là qu’on se sent prendre un coup de vieux. Méchant, le coup.
Donc : profite de tes 21 ans, mon p’tit Daviette, c’est ta vieille frangine qui te dit ça… Plein plein de bisous pour ton anniversaire et que cette vingt-deuxième année t’apporte tout ce que tu souhaites !
Ton cadal t’attend à Sydney le 3 juillet…
PS : t’a s vu, frérot, j’ai été sympa, j’en suis restée à Daviette et n’ai pas révélé à la face du monde ton vrai surnom ri-di-cule… Uh uh uh.
Ca avait été le coup de foudre. Un regard, et je savais. Ca serait nous ou rien.
Tout le monde n’avait pas approuvé mon choix, mais je savais au fond de moi que c’était le bon.
Qu’on ferait un bon bout de chemin ensemble.
Qu’il y aurait des jours sans, mais qu’on les surmonterait ensemble.
Mais rien ne dure, tout s’use.
On le sait, mais on préfère ne pas y penser, préférant ignorer les signes subtils qui indiquent que la fin est proche. Après tout, tout va encore bien, pourquoi se faire inutilement du souci ?
Et puis un jour, on est confronté a la réalité, ça ne peut plus durer.
Il va falloir s’habituer a l’idée de passer a autre chose.
Adieu mes Adidas.
Moi qui me croyais a l’abri des courbatures, c’est pourtant les mollets douloureux que je suis allée prendre mon ferry… Heureusement, je voyageais léger pour une fois, ayant laissé mon ENORME sac a dos a l’auberge. Arrivée sur l’ile, je décide d’aller faire deux-trois courses au supermarché en face de l’embarcadère, me disant (a raison, d’ailleurs) que tout serait hors de prix a l’autre bout de l’ile. Forcément, je rate le bus navette qui devait m’amener a mon auberge. Et comme c’est minuscule ici, j’ai le choix entre attendre 1h15 le prochain bus ou prendre mon courage a deux pieds, ce que, éternelle, optimiste, je fais. Il me faudra une heure auprès de la piscine pour récupérer du trajet, vachement plus long que ce que je pensais et effectué une fois de plus sous le cagnard…
Décidant de vaincre le mal par le mal, je me fais le lendemain une journée rando… Inutile de dire que maintenant, je suis incapable de descendre un escalier ou de faire mes lacets sans grimacer. Par contre, tout le monde étant sur la plage, j’ai eu le plaisir de passer une journée sans voir un touriste, ce qui valait mieux : comme ça personne n’a pu se moquer de mon magnifique coup de soleil sur le pif (eh oui, même avec mon teint camerounais, je ne suis pas a l’abri de ce genre de désagrément). Après avoir pique-niqué sur une plage déserte de rêve et trempé mes pieds en lambeaux, j’ai rencontré trois canadiennes avec qui j’ai fait le trajet du retour ? Nous sommes allées voir les célèbres forts de Magnetic Island, en réalité des bunkers qui n’ont jamais vraiment servi, mais la balade valait le coup car, avec la nuit qui tombait, les koalas étaient de sortie.
J’ai ensuite passé la soirée a raler avec les Galloises qui partageaient ma chambre contre les trois connards d’Anglais qui venaient d’arriver et qui avaient décidé de prouver a quel point l’homme descend du singe. La vie en auberge, c’est aussi ça…
Partie de Cairns ce matin, je fais ma première étape de mon périple le long de la côte Est et qui devrait me mener jusqu’a Sydney d’ici fin juin, a Townsville (donc ville-ville, en français dans le texte, d ou le titre, hi hi), avant de prendre un ferry demain matin pour Magnetic Island, ou je resterai deux jours.
Première constatation : il n’y a pas grand-chose a faire ici, surtout quand il pluviote. Sur les recommandations d’un Américain rencontré dans le bus, je pars a l’ascension de Castle Hill qui surplombe la ville et offre parait-il un panorama remarquable. Il avait bien sous-entendu que c’était une petite trotte mais je pars l’esprit optimiste, en jean et avec un demi litre d’eau. La longue procession d’anorexiques dégoulinantes croisées lors des premières centaines de mètres de la montée aurait dû me mettre la puce a l’oreille et me faire réaliser que ce trajet était visiblement privilégié par des maniaques de la forme et autres adeptes du principe du chemin de croix… J’ai grave morflé ma race, comme disent les jeunes. Et honnêtement, moins indiqué que le jean pour marcher par temps chaud et humide, a part la cotte de mailles, je ne connais pas.
Je finis par arriver au sommet après une bonne heure de marche transpirante. Je fais une photo pour prouver que je l’ai fait (parce que le panorama, bof…) et je redescends, déja plus guillerette. Et puis c’est tellement drôle de dire sadiquement aux gens qui entament la montée qu’ils en ont encore pour une bonne demi-heure, en s’épongeant le front pour leur montrer subtilement que ça ne va pas être 30 minutes de rigolade. AH AH AH (rire sardonique). Oh ça va, on a les plaisirs qu’on peut…
Finalement, je réussis a sortir de ma léthargie et parviens a organiser une escapade de deux jours dans le parc national de Daintree, plus précisement a Cape Tribulation, malgré mon deux de tension.
Après un départ matinal en bus, nous (je suis avec un petit groupe d’Allemandes, de Suédois et de Grands-Bretons) nous arrêtons pour une petite balade a travers une mangrove, le temps de voir quelques oiseux, une araignée grosse comme le poing et de goûter a une fourmi. J’ai fait ma courageuse, c’est pas aussi mauvais que je ne le craignais, ça a une petite saveur citronnée de derrière les fagots.
Ensuite, on embarque sur un bateau, a la recherche de crocodiles en train de faire leur sieste sur les bords de la rivière. Je me la joue un peu (dans ma tête, j’ai pas non plus emmerdé mes voisins avec ça) et me dis que théoriquement, après la Zambie, je devrais être la pro du groupe, incollable sur les crocodiles et les détectant la ou les néophytes ne voient qu’une bête souche. Ouais, c’est ça, Véro, on a bien dit théoriquement. J’ai mis 5 minutes a voir le serpent enroulé autour d’une branche a 2 mètres de moi ("ah, le truc gris qui ressemble a un tuyau d’arrosage ?") et a peu près le double avant de repérer les bébés crocodiles ("ah, le petit bout de bois sur le sable ?"). Moment de solitude.
Arrivée a Cape Tribulation (je découvre avec stupeur que non, ce n’est pas une ville donc j’ai bien fait d’emmener des barres de céréales parce que le supermarché du coin a la taille de mon ex studio parisien, les prix de Fauchon et une gamme de produits des plus limitée) et mon sac a peine posé dans ma chambrette, je pars directement en direction de la plage au petit trot. Après avoir partagé mon casse-croûte avec toutes les fourmis des environs, je vais mettre les pieds dans l’eau (pas plus, il y a plein de stingers qui n’attendent que moi pour tester leurs tentacules empoisonnées) et entreprends de remonter la plage déserte jusqu’au cap proprement dit. En chemin, je prends un raccourci a travers la forêt en gardant en tête ce que la dame de l’hôtel avait dit "ne pas aller jusqu’a l’estuaire, c’est la que sont les crocodiles". Bien sûr, je me paume assez rapidement et m’assoie sur un tronc d’arbre pour examiner mon semblant de carte. Alors, une intersection, oui oui, c’est ça, un cours d’eau, je m’en souviens et donc… je suis la sur la carte. Si j’avais été dans une bande dessinée, c’est le moment ou une ampoule se serait allumée au-dessus de ma tête : dites donc, ça ressemble drôlement a un estuaire, ici, non ? Je check rapidement que je ne suis pas assise sur un crocodile (on ne sait jamais, peut-être que ça n’arrive pas qu’au capitaine Haddock dans Tintin au Congo, ou Tintin chez les Picaros, je sais plus) et rebrousse rapidement chemin vers la plage, me maudissant une fois de plus devant mon incapacité a me débarrasser de mon dérèglement boussolaire.
Le lendemain, après un réveil matinal et une baignade des plus rafraichissantes sous la pluie, je pars faire une promenade de 3 kilomètres dans la forêt tropicale. On m’avait un peu déconseillée de la faire seule, a cause des casoars qui peuvent être agressifs mais je ne suis pas tombée dans ce piège a touristes seulement voué a me faire payer une fortune pour un tour avec un guide. Pour être honnête, j’ai appris ensuite que j’étais une des rares a ne pas avoir vu de casoars, car ils sont parait-il partout. Oups.
Bref, de toute façon, une espèce de petit chien ridicule s’est pris d’amour pour moi et m’a accompagnée pendant toute la balade. D’un côté, c’est sympa d’avoir un chien parce que dès qu’il y a un animal dans les parages, il me le signalait. D’un autre côté, il me le signalait en le coursant comme un fou furieux, ce qui m’a permis d’apercevoir un nombre considérable de croupions de poules d’eau, de crabes en panique du coin de l’œil et d’oiseaux effarouchés.
Je repars ensuite par la plage vers le Cape Tribulation, le temps de prendre la photo obligée et de manger mon sandouiche. Une fois de plus, mon sens de l’observation me fait honneur : je m’assois a quelques mètres d’un goana qui finira par attaquer un couple qui pique-niquait gentiment a côté... Une attaque pas trop grave, mais bon, le mec a tout de même fini par sacrifier son déjeuner quand le machin lui a sauté dessus. C’est tout de même impressionnant, ça a des sacrées griffes et ça a l’air assez méchant avec sa langue qui gigote dans tous les sens (cf. Bernard et Bianca au pays des kangourous).
Je pars ensuite rejoindre mon groupe, allégée d’a peu près 10 kilos perdus en transpirant… Sur le chemin du retour vers Cairns, nous faisons un arrêt baignade a Mossman Gorge. Pour une fois, je fais honneur a mes racines bretonnes et plonge dans l’eau glacée sans broncher sous les regards admiratifs des touristes qui passent sur le pont qui enjambe la rivière.
A peine arrivée a Port Douglas, je tombe sous le charme de ce tout petit village tropical et bordé par la mer. Des palmiers a perte de vue, du sable blanc, des températures idéales, un hamac devant ma porte, il ne m‘en fallait pas plus.
Je décide donc de me prendre une semaine "off" (j’entends d’ici les mauvaises langues qui se demandent pourquoi j’ai besoin de me reposer, vu que je ne fais RIEN – eh bien, qu’ils sachent que si si, j’ai une vie bien remplie, ça m’arrive de bosser et puis d’abord je fais ce que je veux, ils sont rien que des gros jaloux et puis j’ai des comptes a rendre a personne et puis zut la bave du crapaud, l’habit du moine, tout ça tout ça). Bref, sur une semaine,j’ai tout de même consacré 2 journées a un projet de traduction donc camembert.
Et le reste du temps, le panard, les amis ! Des nuits de 10 heures minimum, playa le matin, piscine et bouquinage l’après-midi, balade en fin de journée pour aller au village (attention attention, une demi heure de marche aller retour, quand même – en même temps, j‘étais bien obligée, mon internetéite aigue m’interdisant de rester trop longtemps loin de la civilisation) et un peu de socialisation dans la soirée avec mes room mates écossaises. Bref, une vie de concombre de mer. Heu-reux.
J’ai donc rattrapé mon retard de sommeil accumulé au cours des 24 dernières années, lu 7 bouquins (soit l’équivalent de ce que j’ai lu les 6 mois précédents…), enfin réussi a obtenir la couleur caramel que j’avais a la grande époque a Sydney, fait une cure de vitamines et pas mal cultivé le gros poil qui me pousse au creux de la main.
Comme excuse, j’invoque la température (jamais moins de 25 degrés) et le fort taux d’humidité… J’ai eu droit a ma première averse tropicale : au beau milieu de la nuit, j’ai été réveillée par un bruit infernal. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis que moyennement opérationnelle dans ce genre de situations et j’ai donc tout d’abord pensé que le monde s’écroulait. Ni plus ni moins. Bon, j’étais vraiment dans le paté. C’est la que mes Ecossaises m’ont gentiment expliquée que non, cela faisait deux nuits que ça pleuvait comme ça… C’est assez impressionnant a voir (parce que j’ai fini par me lever pour aller voir ça) car ça démarre et ça s’arrête très brusquement et entre les deux, on a vraiment l’impression d’être sous une cascade.
Heureusement, il faisait un soleil radieux pendant la journée, ce qui m’a aidée a digérer le résultat des présidentielles. Je précise pour ceux qui m’ont demandée que oui, j’ai fait mon devoir de citoyenne, même a 17 000 km de distance !
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