Véronique |
Après deux jours à se balader dans Cairns (j’en ai assez vite fait le tour, le temps de découvrir les jardins botaniques et le marché où l'on peut acheter 10 avocats pour 2 dollars, ce qui devrait suffire à calmer mes envies de guacamole pour quelques semaines maintenant…), j’ai passé mon dimanche sur un catamaran, à la découverte de la Great Barrier Reef. Armée d’assez d’écran total pour protéger tout l’équipage, j’ai embarqué à 7 h ce matin (ah ah, on ne pourra plus dire que je ne me lève jamais tôt… Il me faut juste une bonne raison…) en direction d’Oyster Reef. Au programme, farniente sur le pont avant de faire mon baptême de plongée. Finalement, c’est plus simple que je ne le pensais, il faut juste le temps que le cerveau accepte l’idée qu’il est possible de respirer sous l’eau ! J’ai donc pu faire, accompagnée de mon instructrice et de deux japonaises terrorisées, une balade dans les coraux, à la poursuite de poissons et autres créatures marines. Honnêtement, c’était trop le panard, il ne manquait plus que Jean-Marc Barr pour que le tableau soit parfait. J’ai attendu et, une fois de plus, il n’est pas venu.
Ensuite, on nous dépose sur une minuscule île paradisiaque (du genre de celle où Johnny Depp se retrouve à boire du rhum, dans Pirates des Caraïbes, pour les connaisseurs) où je choisis de privilégier les palmes et le tuba au mélanome. Je n’ai pas vu le temps passer et ai barboté tout l’après-midi, jusqu’à en avoir les doigts aussi ridés qu’un papy de 95 ans. C’était vraiment super de se retrouver au milieu des poissons, pas du tout intimidés, à courser les raies (mention spéciale à la célèbre raie Dayfaiss, assez commune en Australie mais toujours appréciée), à chercher les Nemo cachés dans les anémones et à découvrir tous les petits habitants des coraux dont j’ignore le nom. Le monde du silence, ça fait du bien aussi, on n’entend que le bruit des poissons qui grignotent les coraux sous l’eau…
Grand moment : j’ai retrouvé mon vieux pote le concombre de mer, animal d’une nullissimité abyssale, s’il en est. Bon, à ceux qui disent que le bougre ne fait rien, je réponds que non, j’ai assisté à un délicat spectacle me prouvant son humanité, du moins son appartenance au domaine du vivant : j’ai pu observer un concombre de mer faire caca... J’étais morte de rire sous l’eau, j’ai dû passer pour la folle du coin.
Le retour s’est fait à la voile, en bikini et un verre de champomy à la main, la classe. Je suis revenue enchantée de la journée, bronzée et en pleine forme pour mon départ demain vers Port Douglas, un peu plus au Nord, avant de rallier Cape Tribulation et son parc national où j’irai bien me dégourdir les mollets s’il ne fait pas trop chaud. Ben oui, c’est pas facile tous les jours d’être sous les palmiers par 30 degrés, vous êtes rigolos, vous…
Le mercredi, pour la deuxième fois de notre voyage, nous n’écoutons que notre courage et nous levons à 5h00 pour aller voir le lever de soleil à l’endroit où nous étions la veille. Après une brève course contre le soleil, nous parvenons au sommet et ni le froid ni la fatigue qui pique les yeux ne parviennent à nous gâcher le panorama.
Nous finissons ensuite par céder aux lamentations de Sharon qui voulait absolument aller visiter un petit zoo sur la route et ne l’avons pas regretté. Avec le ticket d’entrée, on reçoit chacun un sachet de nourriture qui nous permet de nous attirer les bonnes grâces des divers bestiaux. Au bout de 10 minutes, c’est l’hystérie la plus totale, nous poursuivons les wallabies, bombardons les émeus et papouillons les bébés wombats… Je vois enfin mon premier diable de Tasmanie, dont la vie en captivité doit un peu opprimer le ciboulot car il ne cessera de faire des tours de son enclos au petit trot pendant les 2h30 que dureront notre visite… Les koalas sont assez chou, mais ne brillent pas particulièrement par leur vivacité. À part mâcher des pousses d’eucalyptus, ils se révèlent même foncièrement inutiles, pour être honnête.
Nous nous arrêtons ensuite sur une petite plage où le charme naturel de Sharon frappe une fois de plus : nous rencontrons Tim et Damian , deux Australiens qui nous amènent faire un tour en bateau le long des côtes et des grottes sous un ciel azur… On aura le plaisir d’observer une feeding frenzy, c’est-à-dire une espèce d’amas de phoques, de goélands du Pacifique, d’albatros et de nombreux poissons, tout le monde essayant soit de sauver sa peau ou de s’en mettre le plus possible dans la panse.
Suit une brève visite de la Remarkable Cave qui n’a de remarquable que le nom. Je suis mauvaise langue, c’est une grotte qui présente tout de même la particularité d’avoir une entrée qui reproduit assez fidèlement le forme de la Tasmanie. Mais bon, ça casse pas trois pattes à un canard non plus.
Nous finissons la journée à Port Arthur, petite bourgade qui a le triste honneur d’avoir couvé en son sein le pire mass murder ayant jamais existé. On cherche la ville pendant une bonne demi-heure, avant de s’arrêter devant un pépé rigolard qui nous explique que nous nous trouvons sur la principale artère. Je tourne la tête, à gauche, une épicerie, à droite, un bar PMU, et c’est tout. Bref moment de solitude.
On verra tout de même la ville fantôme, qui abritait notamment des prisonniers et des délinquants juvéniles dont la vie ne devait pas être très marrante, à en juger par la taille des cellules et l’absence de commodités dans les ruines.
Le lendemain, nous partons faire le Tahune Airwalk, qui est une sorte de passerelle au milieu de la forêt et qui offre une balade sur la cime des arbres, à quelque 40 mètres de hauteur. Ceux qui me connaissent n’ignorent pas que j’ai tendance à avoir le vertige en descendant les escaliers… Je suis donc très fière d’annoncer que j’ai fait toute la balade sans vomir ou m’évanouir. Bon, j’ai pas lâché la main courante (on remarque d’ailleurs mon sourire légèrement crispé sur les photos) et je me suis arrêtée 20 mètres avant la fin, où le pont surplombe la rivière à 50 mètres de haut et ne repose plus sur aucun pilier, de qui fait qu’on sent bien le sol trembler sous ses pieds… Toujours en quête de sensations fortes, Sharon s’offre ensuite un petit tour en glider, une sorte de parapente accroché à un câble qui dégringole à travers la forêt…
Nous finissons la journée par un coucher de soleil sur le Mount Wellington qui surplombe Hobart. La vue à 360 degrés est fantastique et vaut bien la perte de quelques orteils à cause du froid.
Le soir, après s’être goinfrés de noix de Saint-Jacques à quelques dollars le kilo, on remonte dans notre petite voiture et partons chasser le pingouin le long des plages. Les nombreux panneaux sur le bord de la route nous font espérer le meilleur mais las, on ne verra pas le bout du bec d’un pingouin… On a bien eu une fausse alerte à un moment, en voyant un truc noir sortir de l’eau. On l’a coursé dans le noir sur 100 mètres, jusqu’au moment où il est parti se réfugier dans un champ voisin, ce qui a quelques peu semé le doute dans nos esprits troublés. Nous sommes tombés d’accord sur le fait que c’était sans doute un gros rat et l’avons maudit jusqu’à la huitième génération avant d’aller nous coucher.
Le lundi, nous sommes motivés comme jamais : tout le monde est debout sur le pont à 4h30 pour aller voir le lever de soleil sur la plage. Finalement, on s’était un peu plantés au niveau timing, et l’heure d’attente par moins 40 degrés nous paraîtra bien longue… Mais un ciel rouge finit par nous réchauffer. Dans la foulée, on part admirer un blowhole, qui est bien mais pas top : en Bretagne, on appellerait ça des embruns. Ici, c’est signalé dans tous les guides, il y a des panneaux tous les 200 mètres sur le bord de la route, les locaux vendent des cartes postales de ce phénomène exceptionnel et limite, ils sacrifient des vierges les nuits de pleine lune pour lui rendre hommage. Avant de quitter Bicheno, nous passons une bonne heure sur une plage à pingouins sans pingouins, pour changer. Après une sieste sur le bord de la route, et un réveil difficile pour Seamus (Sharon et moi avions trouvé très drôle de le couvrir de mie de pain, si bien qu’il a été réveillé par les coups de bec des mouettes du coin, arrivées en trombe), nous partons pour Hobart, la plus grande ville de la Tasmanie.
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