17-12-2006

Permalink Pays: Australie

Singing in the rain au Royal National Park

Re-belote avec David et Alex : on décide jeudi de partir randonner le lendemain, moi ayant fort apprécié la première balade, et eux ayant été charmés par mes mollets d’airain. La notion de spontanéité est ici importante, elle explique en effet le fait que personne n’ait eu la bonne idée de consulter le bulletin météo avant de partir…

Départ matinal, moral d’acier, on est tout content en arrivant sur le parking du parc : nous sommes les seuls ! C’est normal, on s’en rendra vite compte, il fait 15 degrés et il pleut à verse… N’écoutant que notre courage, nous partons tout de même. Je me suis rapidement félicitée d’avoir empaqueté ma cape de pluie : les gars m’ont beaucoup charriée sur le fait que je ressemblais à un gros poussin jaune mais, moi, au moins, j’avais encore 3 bons centimètres carrés de sec le soir… Les 6 premiers kilomètres se sont donc faits sous une pluie battante, dans la boue et sur un sentier qui prenait parfois des allures de rivière. Ce qui est bien, c’est qu’une fois qu’on est vraiment mouillé, on n’a même plus besoin d‘éviter les flaques…

Nous finissons par trouver vers midi une grotte où nous décidons de pique-niquer. David et moi décidons courageusement de garder nos fringues mouillées, et nous félicitons de ce choix quand nous voyons Alex renfiler avec une mine de martyre son T-shirt trempé qui n’a pas séché d’un pet pendant la pause… On est tous dégueulasses, nos chaussures font flotch flotch, nos nez coulent, mais la bonne humeur reste de mise, les snickers et les sandwiches triple-cheese-mayo d’Alex y étant je pense pour quelque chose… L’essentiel de nos pensées lors du trajet du retour tourne autour de bains chauds, de chocolats brûlants et de vêtements secs, je l’avoue sans honte.

Le retour se fait au pas de charge, histoire de nous réchauffer, car le vent s’est levé. Nous aurons tout de même le temps de voir nos deux premiers wallabies et de nombreux cacatoès. Ceux-ci sont super nombreux et pas craintifs pour un sou, on les croise aussi en pleine ville.

Un bilan positif tout de même de cette journée, je suis désormais une vraie baroudeuse qui n’a pas peur de la pluie et de la boue. Allez-y, je suis prête, j’attends les commentaires sarcastiques…



17-12-2006

Permalink Pays: Australie

La croisière s’amuse

Au cours d’une soirée « familiarisons-nous avec la culture de nos amis australiens » avec des copines (comprenez « allons jouer au billard contre des mecs bien imbibés »), j’ai fait la connaissance de David et Jonathan (non non, pas les interprètes chébran de « Qu’est ce que tu fais pour les vacances », encore que ça aurait pu être super drôle). Ce sont donc deux Australiens mordus de voile : Jonathan a fait partie de l’équipe australienne de voile et a dans les 100 000 miles au compteur, et David est devenu son coéquipier lors des courses qu’il font ensemble. Toujours est-il qu’on s‘est bien entendus et qu’ils m’ont conviée à une balade en mer partant du port de Sydney. Ni une, ni deux, j’ai passé quelques coups de fil, rameuté quelques amis ayant le pied marin et nous voilà donc tous partis dimanche dernier sur le Bénéteau de David… Je cite la marque parce qu’il paraît que c’est la classe, quand on s’y connaît un peu (ce qui n’est bien entendu pas mon cas).

Les rôles ont été répartis très rapidement : les mecs avaient la tâche de hisser les voiles, de tenir la barre, de rouler/dérouler les cordages et de courir d’un bout à l’autre du bateau tandis les filles avaient le privilège de faire leurs princesses, en tirant de temps en temps sur une corde histoire de justifier leur présence. Nous avions aussi le droit de leur crier « souquez ferme, moussaillons ! » de temps en temps, on ne sait toujours pas ce que ça veut dire mais ça a eu le mérite de nous faire beaucoup rigoler

Bon, c’est pas tout à fait vrai, on a tout de même un peu participé et j’ai même eu le droit de tenir la barre pendant 10 minutes. Alors, bonne nouvelle : je suis aussi à l’aise sur un voilier qu’au volant d’une voiture. Et ceux qui m’ont déjà vue faire un créneau (« et merde… le pare-chocs »), un démarrage en côte (« argh, j’arrive pas à débloquer le frein à main ») ou caler en plein milieu d’un rond-point sauront de quoi je parle. Heureusement, j’ai évité la collision avec les ferrys qui traversent le port et personne n’a eu à trop souffrir du mal de mer à cause de mes changements un peu brusques de cap. À ce propos, j’ai été fière de constater que j’ai l’estomac solide, ce qui m’a permis de me moquer des Parisiens présents sur le bateau et moins à l’aise... Faut croire que mes gènes bretons ont dû jouer…

Après 2 h de route, on a jeté l’ancre dans une petite baie, le temps de boire l’apéro et d’aller faire trempette dans l’eau turquoise… On commençait à en avoir besoin, le soleil tapait fort et nos épaules/nez/dessus de pied/dos/calvities précoces (rayez les mentions inutiles) rosissaient depuis déjà quelques heures au soleil. Pas trop de méduses encore en cette période de l’année, on en profite donc…

Nous sommes finalement revenus en fin d’après-midi, complètement lessivés mais vraiment enchantés de l’escapade et avec une petite pensée sadique larme à l’œil pour vous… C’est devenu une tradition, dès qu’on est vraiment bien quelque part, on pense à ceux restés au pays et c’est encore mieux… Hi hi.

Mention spéciale : les photos ont été prises par Céline, une parigote rencontrée ici et photographe à la ville. Elle s’est fait un point d’honneur à ne pas retoucher les images pour qu‘elles restent des souvenirs de vacances, c’est bien dommage car on aurait tous eu des trucs à rajouter/enlever… Mais pas de ça chez nous, hein, paraît-il. Alors appréciez le naturel, les cadrages osés et les modèles resplendissants (Céline avait décidé que je serai sa victime ce jour-là…).


12-12-2006

Permalink Pays: Australie

Rando à Ku-Ring-Gai

Après quelques semaines de farniente et de clubbing intensifs, je décide d’aller me mettre au vert histoire de vérifier si mes muscles des mollets sont encore en état de me porter… Une certaine mauvaise conscience me gagne : cela fait 5 semaines que je suis là et je n’ai pas encore franchi la limite de la proche banlieue…

 

Finalement, le projet se met en place rapidement : je pars marcher avec Alexandre et David, un Français et un franco-australien rencontrés ici. David a été guide dans le bush pendant 12 ans et vaut donc bien Crocodile Dundee dans mon imaginaire naïf. David, si tu me lis, avoue que la comparaison flatte ton ego…

 

Notre direction : le parc national de Ku-Ring-Gai, situé au nord de Sydney. Un timing précis est rapidement établi, on n’est pas là pour rigoler.

5 h 45 : lever matinal pour éviter les embouteillages à la sortie de Sydney et les grosses chaleurs. J’ai les yeux tout collés et ai encore du mal à articuler des phrases correctes mais c’est pas grave, il n’y a pas d’heure pour les braves.

 

6 h 50 : coup de fil de Dave qui n’a pas entendu son réveil sonner… Bon, ben finalement, Alex et moi décidons de se faire un deuxième petit dèj en l’attendant. Si on aurait su… J’en profite pour me m’enduire de crème solaire et remettre à l’endroit mes chaussettes (j’aimerais vous y voir, vous…).

 

8 h 15 : nous partons sur les chapeaux de roues, la cuisse frétillante et le moral gonflé à bloc. C’est parti pour l’aventure, je me sens l’âme d’une pionnière.

 

8 h 30 : nous sommes coincés dans les embouteillages. Pendant que les mecs s’énervent à l’avant, j’en profite pour finir discrètement ma nuit sur la banquette arrière de la voiture.

 

9 h 30 : arrivée au parc. Nous sommes tous seuls, le temps est beau mais avec une petite brise fraîche, fort utile pour tenir le coup. Premier réflexe : tout le monde éteint son téléphone portable, pas question de se laisser déranger par nos moins vaillants compagnons restés sur la plage à se bronzer la couenne.

 

La minute Mac Gyver : David sort les talkies-walkies qui nous permettront d’appeler les rangers en cas d’accident ou d’attaque surprise par un escadron de kangourous en folie. On s’amuse comme des fous à appuyer sur les boutons et à dire « Allo papa Tango Charlie » avant de se rendre compte qu’ils sont déchargés et qu’ils nous permettront au mieux de nous la péter…

 

La balade longe la rivière et traverse les bois. David joue à merveille son rôle de guide et nous indique toutes les petites choses que l’on ne verrait pas sinon, nous les gens de la ville. On grimpe jusqu’à des cavernes où David nous montre des gravures et peintures aborigènes datant de 2000 ans et donc un peu effacées. Des poissons, des kangourous, des émeus, les blasons des différentes tribus, il nous décode sans problème les symboles gravés dans la roche.

 

En route, nous croisons également quelques goanas, des gros lézards de 1 m 50 de long qui ne sont pas trop farouches et se laissent photographier de près. David nous fait beaucoup marrer en nous indiquant la conduite à suivre au cas où un goana commencerait à courir dans notre direction : crier et partir aussi vite que nos petites jambes grassouillettes nous le permettent (je parle pour moi) et en gesticulant (ça va, je devrais pouvoir gérer ça) parce que si on reste immobile, le bête animal risque de nous prendre pour un arbre et de nous grimper dessus. Après un bref regard à ses griffes, je décide que, finalement, je vais jouer la carte de la sécurité et me cacher derrière mes accompagnateurs.

 

Nous croisons sinon une foultitude de petits crabes rigolos qui vivent dans des petits trous dans le sable. Le dépaysement n’est pas encore total, le sous-bois ressemble à ce qu’on peut trouver dans beaucoup d’autres pays, mais les petites bébêtes croisées ça et là nous donnent un avant-goût de ce qui nous attendra la fois où nous nous aventurerons vraiment hors des sentiers battus. Mais pour une première sortie australienne, je reviens ravie !

 

Le retour à la civilisation est toujours brutal… Alors on passe faire un tour le long de la côte le temps de jeter un œil à d’autres gravures aborigènes et à Lion’s Island, qui, si vous regardez bien la photo, doit son nom au fait que l’on aperçoive le profil du sphinx des pyramides sur les roches à l’extrémité droite de l’île. Enfin, je dis ça, moi je le vois toujours pas…

 

On fêtera la fin de cette super journée avec un barbecue de kangourou (eh eh, je m’adapte vite) qui vaut son pesant de cacahuètes.

 

Prochain épisode : Véro fait du bateau…

 

Véronique

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