28-11-2006
Du nouveau, du beau, du chaud
Suite aux nombreuses beuglantes qui me sont parvenues, je me secoue un peu et cesse quelques instants de travailler à mon mélanome pour vous tenir au courant de mes dernières péripéties.
Pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi le silence ? (Les plus culturés d’entre vous auront bien sûr noté la citation empruntée au grand poète du siècle dernier, j ai nommé Hervé Vilard).
Ben parce que j’ai enfin une vie sociale et que si vous croyez que c’est facile de trouver du temps de libre entre les barbecues, les séances de bronzette, les plongeons (gracieux, of course, nonobstant le haut de maillot qui part avec les vagues mais ceci est une autre histoire) dans l’océan et les sorties avec ma bande de joyeux lurons, vous vous trompez.
Je sens que je ne me fais pas que des amis. Rhoo, ça va, c’est pas parce qu’il fait 5 degrés en France qu’il faut ronchonner en me maudissant intérieurement.
Bon, et puis je continue aussi à vendre mes talents à la Suisse donc l’honneur est sauf, je fais officiellement partie de la population active.
Quoi de neuf alors ? Eh bien, j’ai trouvé une MAGNIFIQUE colocation dans laquelle j’emménage bientôt, le 9 décembre pour être précise. D’ici là, je continue à faire ma squatteuse de canapé chez Isaac & Co. Ils se sont attachés à moi, un peu comme on se prend d’affection pour un vieux chien qui ne prend finalement pas trop de place et apporte un peu de changement. La comparaison n’est pas de moi, je précise.
Les photos de ma nouvelle coloc arrivent bientôt, c’est un appart très sympa, situé dans le centre de Sydney avec un balcon de dingue donnant sur la baie. Je le partagerai avec Robbie, un Australien de 30 balais. Holà, je vous arrête. Il est certes fort sympathique, mais ne ressemble que de très loin à Robbie Williams, rengainez vos vannes.
Encore quelques photos de mon nouveau fief, la plage de Bondi, et de la balade le long de la côte qui mène à Coogee, l’autre plage connue du coin. Je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager un grand moment de motion en vous présentant un petit échantillon de l’expo « Sculptures by the sea », qui comprenait de jolies choses ainsi que des concepts plus osés (cf. la cruche qui fait caca et les oursins en plastiques rouges collés sur les rochers). Sur l’une des photos, je suis avec Anne-Lise et Fanny, deux Françaises rencontrées ici. Je vais tâcher de mettre plein de photos de gens dans un prochain message mais je dois au préalable demander leur autorisation…
Les photos ci-dessus datent un peu, il fait maintenant beaucoup plus beau et chaud (dans les 30 degrés) et je suis bronzée comme un pain d’épices, ah ah ah (rire démoniaque). Quant aux nombreuses plaintes (justifiées) et relatives au physique des surfeurs présents sur des photos précédentes, je vous prépare un reportage photo sur ce qu’on peut rencontrer à la plage ici. Vous allez en avoir pour votre argent : du silicone au kilo, des tatouages, du bon bœuf aux hormones bien huilé, de la robe inexistante (quand l’Australienne sort, elle sort. Tout.), de la brûlure au 3ème degré et peut être même ma plastique de rêve (je fais monter le suspense, là !).
Sinon, je ne résiste pas à l’envie de vous annoncer que je suis une amie des stars : après avoir découvert que ma copine malaisienne connue en 2000 pendant ma première année en Allemagne a participé au concours de Miss Monde (et non, je ne vous filerai pas son numéro de téléphone), figurez-vous que j’ai, au détour d’un concert, pu approcher les membres de Matmatah ainsi que Yann Tiersen. Que de la musique de djeuns, j’ai un peu découvert (je le rappelle, je ne suis pas très à la page) mais c‘était bien sympatoche.
Avant de partir, je remercie ceux d’entre vous qui laissent des commentaires (et ceux qui prennent la peine de m’écrire un vrai email pour me dire à quel point ils m’aiment), ça fait toujours plaisir ! Je vais tâcher de répondre à chacun quand j’aurai une minute…
20-11-2006
Coquillages et crustacés
Lundi dernier, prise d’un accès de forme, j’ai décidé de me lever à 4h30 afin d’aller voir le lever de soleil sur la magnifique plage de Bondi. Après tout, en courant vite, cela ne me faisait que 45 minutes de trajet.
Bon, je vois à vos mines ébaubies que je suis moyennement crédible dans la peau de la fille qui s’arrache de sa couche à l’aube pour aller se cailler les pieds dans du sable mouillé.
J’avoue donc : après une nuit blanche passée à faire la fête avec mon petit cercle international d’expatriés, nous avons décidé de terminer sur une bonne note la soirée en nous rendant à la plage. Ça sonne déjà plus vraisemblable, hein ?
Bref, toujours est-il que cela valait vraiment le détour… Bondi est encore déserte à cette heure-là, même si nous avons pu voir arriver au galop entre 6 et 7 h les hordes de surfeurs, de joggeurs et autres pénitents qui venaient se secouer la couenne dans la brise marine avant d’aller au boulot. C’est très australien comme concept : beaucoup de gens se lèvent très tôt pour aller surfer, histoire d’entamer la journée sur les rotules. D’un autre côté, ça leur donne aussi un sourire détendu, du genre de ceux qu’on observe assez rarement sur les lèvres serrées des occupants du métro le lundi matin.
Si vous aimez les photos, dites-vous que c’est dix fois plus beau en réalité...
15-11-2006
Bon appétit bien sûr !
Juste pour faire hurler les gastronomes... Un aperçu des compétences culinaires de nos amis australiens (bon, OK, je généralise, ceci est une création du mâle esseulé et affamé australien, ce qui représente tout de même une appréciable différence).
Muffins à l'anglaise, délicatement tartinés de Vegemite (bonne remarque au premier rang, c’est bien un cousin de la tristement célèbre « marmite » rosbif) et de cream corn (maïs à la crème, ça fait bizarre la première fois qu'on ouvre la boîte), puis saupoudrés de fromage râpé pour alléger le tout.
Miam miam.
09-11-2006
Pendant ce temps, à Chippendale...
Non non non, que nenni, pas de jeunes hommes body-buildés et huilés sur les photos qui vont suivre (encore que...) : Chippendale, c'est le nom du quartier de Sydney dans lequel que j'habite.
Vous pouvez tout d'abord admirer notre humble demeure, une terrace house typique.
Vient ensuite Isaac au petit-déjeuner (lui aussi, il est du matin, hi hi)… Nota bene : je risque un châtiment terrible pour avoir mis cette photo en ligne, alors profitez-en bien, canque iou.
Puis David le jour de la Melbourne Cup, ce qui explique le chapeau ridicule, la pose et la casaque de Jockey. En vrai, il est relativement normal, à tendance gai-luron toutefois.
Et enfin Luke, le petit dernier de la couvée.
J’espère que votre curiosité est satisfaite !
09-11-2006
Synchronisation des montres
La boulet-attitude (copyright G. qui se reconnaîtra…), vous en avez entendu parler mais avez du mal à saisir totalement le concept ? No soucy, je m’en vais vous conter une petite fable illustrant l’idée.
Comme vous avez déjà pu le lire, je cherche un gîte. Pour l’instant, je profite honteusement de l’hospitalité de mes copains qui ne s’en plaignent pas trop (je fais stratégiquement à manger tous les 2-3 jours, afin de leur rappeler à quel point leur vie s’est améliorée depuis que je suis arrivée) mais je cherche tout de même un toit pour décembre. Bref, il y a un peu plus d’une semaine (si si, la date a une importance), j’ai effectué 3 visites dans la même journée. Inutile de préciser que je m’étais levée à l’aube pour faire bonne impression sur mon premier coloc putatif. A mon grand dam, il m’accueille avec un sourire plus ou moins sarcastique et une petite blague sur les problèmes de ponctualité des Français. Comme j’avais 20 minutes d’avance, je ne réplique pas, mais le maudis intérieurement jusqu’à la dix-septième génération pour sa connerie.
Prochain RV, auquel j’arrive cette fois avec 15 minutes de retard (le gentil chauffeur de bus avait oublié de me dire de descendre, cela renforce ma théorie selon laquelle on ne peut décidemment compter que sur soi-même dans la vie) : même topo, le proprio, un Prussien-type, me fait style « Rholala, vous, les Froggies, vous êtes tout de même un peu légers… ».
Je suis un peu irritée par ces préjugés et la fumée commence à me sortir des naseaux (je conserve toutefois pour des raisons évidentes mon sourire angélique), mince, ça va bien, un quart d’heure de retard, on va pas non plus en faire une choucroute.
Je me rends ensuite à ma dernière visite. Je fais une petite pause dans un parc, prends quelques photos, vais m’acheter une bouteille d’eau, après tout, j’ai le temps. Sauf que mon portable sonne, c’est le mec en question qui me demande si j’arrive bientôt : et là, c’est le drame. Une ampoule s’allume au-dessus de ma tête au moment où mon regard se pose sur une horloge en face de moi. Je comprends d’un seul coup les bizarres réactions de mon entourage ces derniers temps.
ARGH. J’ai oublié de passer à l’heure d’été sur mon portable. Cela fait 3 jours que je suis à la bourre.
06-11-2006
La minute culturelle
Je vais casser un mythe, mais bien que l’on soit au printemps, il a plu toute la journée. Je préfèrerais vous dire qu’on a 35 degrés et que des surfeurs décolorés à demi nus courent de par les rues mais bon, je pense que je vais devoir attendre encore un peu avant d’admirer ce formidable spectacle de la nature (d’après les experts, l’un des plus beaux après la parade reproductrice du concombre de mer).
Bref, j’ai donc fini par atterrir devant la télé, où végétaient déjà les deux tiers de mes colocs. 2, donc, pour ceux du fond qui ne suivent pas. On est d’accord, la télé française, c’est pas toujours gégène. Mais là, accrochez-vous bien : ce soir, aux currents affairs (ce ne sont pas les infos mais presque…), voilà quels étaient les sujets traités :
- Anna Nicole Smith est traitée pour dépression après la mort de son fils suite à une overdose (je recadre l’action pour les incultes : la dame a pris le « chemin de la gloire » (on note les guillemets) en épousant un vieux débris richissime alors qu‘elle avait le quart de son âge. Une décoloration, des implants mammaires, un mari enterré, des héritiers pas contents et quelques numéros de Playboy plus tard, elle fait plus ou moins partie des pipoles). Si ça, c’est pas de l’info qui tue sa race, alors là, je pose ma dem.
- attention, les massages , c’est très dangereux pour la santé : Sharyl, Australienne de 14 ans, est partiellement paralysée depuis un massage raté de ses lombaires par un genre de gourou asiatique. Interview de la damoiselle sur un lit d’hôpital à l’appui. J’ai hésité entre rire et pleuré, finalement, j’ai ri.
- les vilains contractuels d’un bled paumé ont changé les panneaux « interdit de stationner » pendant la nuit et ont collé des amendes à toutes les voitures garées dans une rue. Rhoooo, les gens, y sont pas contents, et vas-y que je vais te foutre un procès à la poulice, et que je te fasse une reconstitution de la scène devant la caméra. On a l’air con ? C’est pas grave, Simone, c’est pour la télé.
Je dis ça, je dis rien, mais bon, aujourd’hui, Saddam a tout de même été condamné à mort. Mais visiblement, ça fait moyen vibrer les foules, un barbu qui refuse de se lever devant un juge qui parle même pas anglais.
01-11-2006
JF cherche appartement (désespérément)
Les ampoules qui couvrent la plante de mes pieds commencent à me faire vraiment souffrir… Notre pour plus tard : on évite les sandales quand on sait que l’on a un sens pourri de l’orientation et qu’on va par conséquent tourner en rond pendant des heures à la recherche du numéro 43 (commodément situé entre le 238 et le 17). En plus, c’est pas top la classe américaine, les coups de soleil sur le dessus des pieds, ça nuit un peu à mon look chébran.
J’ai visité pour l’instant une dizaine d’apparts, de colocs, de greniers, etc. J’attends quelques réponses (on vous rappellera, ouais ouais…) et n’ai pas eu que des bonnes surprises : dois-je m’étendre ici sur la coloc avec un marketeux débile accro à la coke et un photographe qui m’a semblé spécialisé dans les photos dénudées de grandes blondes peu farouches ? Sans doute pas…
L’espoir fait vivre et j’avoue que mon annonce a reçu de nombreuses réponses de personnes désireuses de partager leur ome-souit-ome avec moi. Inutile de dire que dans ces cas-là, ça aide d’avoir un prénom français : ça fait rêver l’autochtone. Pour l’instant, je cherche un pied-à-terre à Sydney jusqu’à début janvier, date à laquelle je compte commencer à me promener dans le reste du pays. D’ici là, je me contenterai de petites excursions car mon boulot est tout de même un petit fil à la patte (bien agréable, je le concède volontiers).