Véronique |
C’est décidé, ma dernière semaine avant mon retour à Sydney sera placée sous le signe de la plus monstrueuse glande jamais imaginée. N’ayant plus Ben pour nous faire culpabiliser, Siobhan et moi mettons au point un programme du tonnerre : levées à 7h30, nous nous glissons dans nos maillots après s’être aspergées de crème solaire et partons pour Cable Beach où nous rôtissons jusqu’à 10h. Là, nous allons vite fait dans l’eau, le temps de se faire emporter le haut/bas du maillot (ça dépend des jours) par une big wave avant de retourner à notre auberge sous un soleil de plomb. La température et l’humidité font que toute activité autre que l’endormage dans un hamac et l’éventuel lisage de Harry Potter entre deux assoupissements est inimaginable. Si on est motivées, on se balade un peu sur la plage en fin d’après-midi, voire grimpons sur notre planche de surf avant d’aller descendre une bière devant le coucher de soleil. Dure dure la vie. Le soir est consacré à des distractions culturelles : billard, discute avec nos compagnons de chambrée, parties de trouduc et visites à la Divers’Tavern, toute proche.
J’entends déjà les sifflets et je m’en moque. C’est pour toi, public, que j’essaie de revenir aussi bronzée que possible, histoire qu’on me croit que je reviens d’un an en Australie et non pas d’un séjour prolongé dans une prison tibétaine.
Lara nous rejoint samedi pour mon anniv et nous nous sommes concoctées une journée qui va dépoter : balade en chameau au lever du soleil, puis visite des célèbres marchés de Broome, avant un pique-nique au foie gras (en boite) et champagne (australien…) sur la plage. Le soir, nous mettons nos habits de lumière et partons mettre le feu à Oasis, la boîte en plein air du coin. Inutile de dire que je commencerai sûrement ma vingt-sixième année un peu fatiguée ☺
Nous rallions finalement Broome en 3 jours, soit à peu près 600 bornes par jour avec une clim cassée et une température à cuire un œuf sur le capot. L’atmosphère est un peu lourde dans le bus, on fait tourner des glaçons histoire de se rafraîchir, on essaie tant bien que mal de trouver une position impliquant le minimum de contact avec le plastique moite des sièges et la peau dégueulassement tiède et humide du voisin, on essaie de savourer l’eau à 40 degrés de nos bouteilles plastiques achetées à prix d’or dans la dernière station-service croisée, bref, ça râle pas mal…
Heureusement, une excursion et quelques baignades dans le parc national de Karijini nous remontent le moral. Sans compter que la nuit en tente, avec une température à peine supérieure à 0, nous fait apprécier la chaleur de la journée. Surtout quand la nuit fut passée à remonter mon lit pliant qui s’écroulait à chaque fois que je respirais un peu fort (non non non, je ne ronfle pas, je dors comme une princesse).
Nous ferons aussi un arrêt à Pardoo, une cattle station. Je suis très déçue, je m’étais imaginée une espèce de ranch avec des lassos, des vaches partout, des cow-boys poussiéreux et virils ainsi qu’un pub atteignant un score de 9 sur l’échelle des mecs-sans-dents (qui va de 1 à 10, pour votre information) et n’ai trouvé à la place une espèce de petite ferme avec une piscine et l’électricité. Mais bon, la soirée tacos m’aide à oublier ma peine.
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